Conseil Municipal Colmar du 25.01.15 – intervention de Julien Ernst relative au Budget Primitif 2016

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Rapport n°5 : Budget Primitif 2016

inauguration d'un jardin pédagogiqueMonsieur le Maire,
Cher-e-s collègues,

Les années se suivent et se ressemblent, vos documents budgétaires aussi. On y retrouve le mélange habituel d’auto-satisfaction – et vous avez raison de le faire, car on est jamais aussi bien servi que par soi-même -, de mélange de courbes et de tableaux lancés en vitesse et en nombre, et surtout d’omissions un peu gênantes qui pourraient noircir le tableau idyllique de votre gestion de Colmar.

Première omission mais d’importance, les impôts locaux. Vous avez raison de dire que la ville de Colmar n’augmente pas ses taux, elle les baisse même très légèrement, mais vous savez comme moi que le taux local n’est pas la seule variable qui fait grimper la facture finale. Et pour l’année prochaine, outre l’augmentation des bases décidée par l’État, vous réservez aux Colmariens un traitement de faveur, en réduisant à nouveau et de façon beaucoup plus importante que l’année dernière, l’abattement de notre ville. Je l’ai dit à plusieurs reprises, c’est un cadeau empoisonné pour nombre de foyers et plus particulièrement pour les familles qui seront plus durement impactées que les autres par la mesure. Alors que vous ne cessez de répéter aux Colmariens, Monsieur le Maire, que vous maintenez une fiscalité stable, leur fiche d’imposition n’arrête pas de grimper et 688 000 € supplémentaires sortiront de leur poche cette année pour remplir celles de la ville, sans augmentation du service qui leur est rendu.

Des omissions, j’en ai relevé quelques autres : sur la réforme des rythmes scolaires, la Cour des Comptes pointe bien un coût annuel de 320 000 € mais vous oubliez de dire qu’avec les fonds d’amorçage et la facturation de la garderie du mercredi matin, le reste à charge pour le budget communal est de 67 000 € soit 0,08 % de notre budget de fonctionnement. Ce qui a le mérite de remettre les choses en perspective.
Idem pour la dette par habitant dont je relève qu’elle reste pour l’instant inférieure à la moyenne des villes de même strate mais dont l’évolution n’est pas comparable : là où celui des villes de la même strate n’augmente que de 9 % entre 2011 et 2014 , celle de Colmar augmente de 46 % sur la même période et même de 119 % si l’on compare les chiffres entre 2011 et 2016. Difficile d’y voir la marque d’une bonne gestion, surtout si on continue à ce rythme qui nous fera dépasser la moyenne des villes de même importance au courant dans les deux ans.

La dernière omission et non des moindres concerne le personnel municipal. L’année dernière, je m’étais ému du fait que nous n’embauchions plus, que le traitement du personnel municipal était la variable d’ajustement de votre volonté de contenir les dépenses de fonctionnement et qu’au final, le risque était réel d’une baisse du service public rendu aux Colmariens. Le rapport de la Cour des Comptes dont nous discuterons en détail plus tard a confirmé certaines de mes craintes, comme la diminution du nombre d’employés municipaux et l’absence de politique de ressources humaines et de gestion des carrières – hormis votre sacro-saint ticket-restaurant à 10 € qui ne saurait pourtant être l’alpha et l’oméga d’une politique moderne de traitement des fonctionnaires municipaux -.

Pour 2016, vous annoncez une diminution des charges de personnel justifiée par la mutualisation des personnels avec Colmar Agglomération, le non-remplacement systématique de fonctionnaires partant à la retraite et les efforts supplémentaires que devra fournir le personnel municipal. Plus que l’année dernière, cette annonce nous inquiète dans les conséquences qu’elle aura une nouvelle fois sur le service rendu aux Colmariens et pour les employés municipaux dans leur ensemble.

Sur le service rendu, moins de fonctionnaires signifie obligatoirement moins de service : quand on ne remplace pas une ATSEM, un policier municipal, un employé des espaces verts, un assistant-bibliothécaire, les conséquences sont visibles immédiatement par la population. C’est moins d’aide aux enseignants dans les écoles, c’est moins de présence pour assurer la sécurité, ce sont des décorations florales en moins, ce sont des heures d’ouverture revues à la baisse… Pour leurs collègues, c’est plus d’heures supplémentaires (Colmar pourrait embaucher plus de 20 personnes au vu du volume annuel d’heures supplémentaires) avec toute la fatigue et le stress que cela entraîne, les maladies aussi : les fonctionnaires colmariens ont un taux d’absentéisme qui augmente et qui en est la conséquence directe.

Au final, Monsieur le Maire, ce budget, c’est encore une occasion manquée. Nous aurions pu tomber d’accord sur certains projets d’investissement comme le parking de la Gare que nos avons défendu lors des dernières élections, voire sur celui prévu place de la Montagne Verte. Mais votre façon de jouer sur les mots en parlant de stabilité fiscale tout en augmentant les impôts par des voies détournées ; votre entêtement à charger le personnel municipal en lui accordant au compte-goutte judiciaire les avantages sociaux auxquels il a droit, en lui refusant le Compte Épargne Temps et une gestion normale des carrières, en lui demandant encore plus d’efforts alors que nous sommes déjà en sous-effectif pour un rendu de service optimum à la population font que nous ne voterons pas ce budget.

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