Réactions aux élections européennes (1)

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Article des DNA du 26 mai 2014 (Franck Buchy)

Du global au local

Le scrutin de tous les contrastes. Si les élections municipales remplissent l’hôtel de ville de Colmar et nourrissent des discussions d’élections municipales, les élections européennes font le vide et réarment le discours politique et partisan.

Hier soir, à l’heure de rapporter les résultats à l’hôtel de ville, les présidents et assesseurs des quarante bureaux de vote colmariens étaient plus nombreux que le quidam. Ils étaient une dizaine à peine, à scruter alternativement les résultats locaux et les commentaires de la télévision nationale.

Absent en mars, le FN rafle la mise en mai. La liste de Florian Philippot arrive en tête avec 24,55 % des voix. Le frontiste devance la liste de l’UMP Nadine Morano (22,68 %) et celle du PS d’Édouard Martin (12,09 %). L’UDI-MoDem Nathalie Griesbeck obtient 11,43 % et l’écologiste Sandrine Bélier 9,52 %. L’abstention s’élève à 61,85 %.

« Il n’y a pas de FN aux élections municipales mais aux européennes »

À entendre les uns et les autres, personne n’est satisfait. Si ce n’est Gilbert Meyer qui voit dans les résultats d’hier un plébiscite à l’envers pour sa personne et sa manière de faire de la politique. « Je remarque qu’il n’y a pas de FN aux élections municipales mais aux européennes… », glisse le maire qui a compris depuis longtemps l’avantage qu’il a à ne pas rester prisonnier de son propre parti tout en jouant sur une posture et un discours antisystèmes. Lui parlera de « gaullisme social » ou de « flair ».

« Le seul à contenir le FN, c’est le maire », lance Gilbert Meyer au conseiller municipal socialiste Julien Ernst qui « regrette que le FN soit arrivé en tête à Colmar sans structure, sans militants et sans faire campagne ». S’il n’a pas oublié que le frontiste Patrick Binder a soutenu la liste du maire aux dernières municipales, le secrétaire de la section PS de Colmar s’interroge sur les motivations des électeurs : « Se sont-ils réellement exprimés sur l’Europe qu’ils veulent demain ou ont-ils exprimé un rejet ? Dans le premier cas, les grands partis ont du pain sur la planche pour expliquer l’Europe et montrer en quoi elle est décisive pour les citoyens ; dans le deuxième cas, nous devons être plus pro-européens encore, pas seulement au moment des élections. »

Pour Yves Hemedinger, l’explication est simple : « Le PS et l’UMP partagent la même position sur l’Europe. Le peuple n’en veut plus. C’est une claque à la technocratie et à la pensée unique. En 2005, on n’a pas tenu compte des résultats du référendum sur la Constitution européenne ; on l’a contournée. » « Il ne faut pas stigmatiser mais se poser la question de savoir pourquoi les citoyens s’abstiennent ou votent FN », poursuit le conseiller régional UMP.

« Un vote de réaction, pas d’adhésion »

« L’abstention, c’est la défaite de la politique », soupire le conseiller municipal et conseiller général écologiste Frédéric Hilbert. « Les élections européennes sont pourtant importantes. Beaucoup de choses se décident à ce niveau », poursuit-il en mettant en « cause tous les grands partis » dans ce « désistement » des citoyens : « Nous savons très bien qu’il s’agit d’un vote de réaction et non d’adhésion. Je regrette que nous n’ayons pas réussi à convaincre. »

Christian Debève, délégué départemental de l’UDI 68, n’est pas mécontent du score de Nathalie Griesbeck. « Ça nous met dans le jeu, cinq mois à peine après la recomposition de la famille des centres. Nous étions les seuls à avoir une ligne clairement européenne », explique-t-il devant les adjoints René Frieh et Odile Uhlrich-Mallet.

Julien Ernst, lui, a fait ses calculs. Il remarque que le PS et Europe Écologie les Verts obtiennent 20 % des voix, soit le « socle de la gauche à Colmar », tout en relevant que la liste PS arrive devant celle des écologistes.

« Nationalement et localement, nous ne sommes pas lisibles et nous payons notre division », grogne Yves Hemedinger, bien parti pour être le poil à gratter de son parti, comme Gilbert Meyer. « Quand on a comme principal opposant au maire UMP le délégué de circonscription UMP, les gens ne comprennent plus rien et se détournent de la politique », glisse l’élu en visant Pierre Ouadi. « La magouille de l’UMP locale n’y est pas pour rien », commentait quelques minutes plus tôt Gilbert Meyer. La campagne des européennes apparaît soudain bien terne à côté de celles des élections à venir.

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