CR 28.06.13 – intervention Victorine Valentin – Aides à l’hôtellerie

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Dispositif en faveur de l’hôtellerie familiale et indépendante commun au Conseil Régional d’Alsace, aux Conseils Généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin : vers une intervention renouvelée.

Monsieur le Président,
Chers collègues,

En préambule, j’aimerais re-définir ce qu’est l’hôtellerie familiale. L’hôtellerie familiale regroupe des exploitants qui défendent une conception indépendante de leur métier, ont à cœur de pratiquer une hôtellerie authentique, professionnelle et conviviale, tout en proposant souvent des prix modérés. Ce sont des artisans de l’industrie du tourisme et à ce titre les aides qui leur sont consacrées sont parfaitement justifiées.

Nous savons que le lobby des chaînes et des franchiseurs travaille à obtenir la suppression de mesures qui leur seraient aujourd’hui défavorables. Or, les pouvoirs publics les ont beaucoup gâtés puisqu’il y avait une défiscalisation des non exploitants (abrogée en 1996) et que les contraintes des CDEC, qui les gênaient, ont été supprimées en 2009. Par ailleurs, les taux d’occupation des chaînes hôtelières intégrées sont supérieurs de 8 à 15 points, en moyenne, à ceux des hôtels indépendants et ils sont globalement plus chers de 20 à 25 %. Les conditions économiques et financières leur sont donc bien plus favorables.

Je m’inquiète par conséquent du postulat de base qui voudrait que la condition posée de l’hôtellerie familiale et indépendante constitue une violation du principe d’égalité de traitement des citoyens devant les charges publiques. Bien sûr, nous sommes attachés à l’égalité de traitement des citoyens, mais l’égalité de traitement est le corollaire de l’égalité des conditions d’environnement ou de travail.
Ainsi, les établissements de l’hôtellerie familiale et indépendante sont géographiquement implantés dans des petites villes ou à la campagne, où les chaînes hotelières ne se bousculent pas. Leur rôle d’animateur d’un territoire justifierait à lui seul les aides qui leur sont accordées. Par ailleurs, le nombre de chambres est souvent insuffisant pour atteindre un seuil de rentabilité et leur survie financière repose largement sur les efforts des exploitants, dont certains se paient très peu, et qui tiennent parce qu’ils sont logés et nourris sur place. Enfin, lorsque ces derniers demandent une subvention (qui n’est pas forcément facile à obtenir), ils font un effort financier considérable puisque ces subventions représentent au maximum 20 % du coût projet.

En revanche, en ce qui concerne les chaînes hotelières, si nombre d’entre-elles ne pratiquent pas les rénovations nécessaires et souvent promises (la plupart des réseaux n’ont que 30 à 40 % de leurs hôtels anciens refaits – années 1980 / 1990), c’est qu’elles dépendent de fonds d’investissements qui exigent un rendement financier et que ce sont des financiers (et pas des exploitants) qui font délibérément le choix de ne pas réinvestir.

Je propose par conséquent que le dispositif soit reconduit avec l’intitulé : « en faveur de l’hôtellerie familiale et indépendante » et non élargi « à une cible plus large ». Je maintiens en effet qu’il n’y a pas, en la matière, d’inégalité de traitement mais bien un traitement égalitaire pour des établissements qui se trouvent dans des conditions de création, de financement et d’exploitation semblables et spécifiques.

Concernant l’élaboration d’un nouveau mode opératoire pour ce dispositif, nous avons mené, il y a quelques temps déjà, une réflexion avec l’ensemble de la commission pour garantir la maîtrise de l’enveloppe budgétaire de notre collectivité, mais également pour trouver une solution afin que soit assuré l’équilibre territorial au niveau de son attractivité. Cela sera le cas grâce au fléchage permis par le système d’appel à projet que nous soutenons par conséquent ; tout en soulignant la nécessité de bien analyser ls forces et faiblesses du territoire pour élaborer une stratégie globale pertinente.
Enfin, qui dit attractivité touristique, dit également attractivité économique du territoire. Aujourd’hui, si la Région, chef de file en matière de développement économique, veut permettre à l’Alsace de sortir de la crise, elle doit construire sa stratégie, quelle que soit la thématique abordée, à l’aune de la création d’emplois qu’elle permet. Ainsi, je pense qu’il est indispensable d’inscrire, le nombre d’emplois créés par les projets « candidats » à la grille d’analyse regroupant les priorités. J’y veillerai bien entendu lorsque nous élaborerons ce nouveau dispositif, comme prévu à la fin de cette année.

En espérant que mes arguments en faveur du maintien du dispositif en faveur de l’hôtellerie familiale et indépendante seront entendus, nous voterons pour ce rapport.

Je vous remercie.

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