Compte-rendu du débat Straumann – Valentin (2)

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Article des DNA du 13.06.12 (Ch.B.)

Des soviets à Meyer

Extraits du débat, plutôt courtois, qui a opposé Victorine hier soir Victorine Valentin (PS) et Eric Straumann (UMP).
Thèmes nationaux et locaux ont été abordés en 1h30 de débat.

Cumul des mandats

Eric Straumann (UMP) : « En 2007, j ‘étais maire de Houssen. Je me voyais mal, élu député, quitter ma commune. Aujourd’hui, je suis conseiller général de base. Et un député n’a pas le même pouvoir qu’un conseiller général pour la mise en oeuvre de projets. Donc, je suis pour la proposition du parti socialiste de limiter le cumul entre un exécutif important et le mandat de député. Mais je ne serai pas concerné, puisque je n’ai pas de mandat exécutif local majeur. Et je ne vais pas abandonner un mandat, celui de maire ou de conseiller général, deux ans avant son terme ».

Victorine Valentin (PS) : « Je ne resterai pas conseillère régionale, cadre dans le privé et députée, si je suis élue. C’est une question de respect des lois et de respect des électeurs. Je quitterai mon travail. Je quitterai mon emploi. Et comme je suis employée dans le privé, je n’aurai pas la garantie de retrouver un travail. Mais je dois cela à mes électeurs. Pour moi, c’est autant une question de morale que de loi. »

Le conseil d’Alsace

Eric Straumann : « Je suis favorable au conseil unique depuis 2007. Lorsque nous avons lancé ce processus, nous avions une belle occasion, le train était en gare de Colmar. Par la suite, nous avons perdu beaucoup de temps. Nous avions un ministre alsacien en charge des collectivités locales ; aujourd’hui, il n’y a plus de ministre alsacien. Nous étions d’accord sur le principe d’installer le siège à Colmar. Aujourd’hui, la question du siège et le train du conseil d’Alsace se déplacent doucement vers Strasbourg. Nous avons loupé une fenêtre de tir pour avoir le siège du conseil d’Alsace à Colmar. La ville de Strasbourg aura un poids différent désormais avec les socialistes au pouvoir. Et s’il n’y a pas d’accord sur un siège à Colmar, le « non » au conseil unique l’emportera dans le Haut-Rhin au moment du référendum ».

Victorine Valentin : « Le député sortant raconte des carabistouilles ! Philippe Richert veut mettre ses échecs sur le dos des Colmariens S’il veut que la ville soit socialiste, il suffit d’attendre 2014. Nous avons voté pour ce conseil unique. Et François Hollande a dit que l’expérimentation pourra se poursuivre. Des collègues se sont abstenus dans le Haut-Rhin, car Charles Buttner a présenté une résolution différente de celle adoptée par le conseil régional, avec les socialistes. C’est Buttner qui veut la mort du conseil unique d’Alsace, pas les socialistes ».

La compétitivité des entreprises

Victorine Valentin : « La TVA sociale n’aurait rien changé aux délocalisations et elle aurait simplement pénalisé les ménages les plus pauvres. Le déficit de compétitivité français n’est pas lié aux prix. Il faut soutenir les entreprises et leur permettre d’accéder aux crédits, notamment à travers la création d’un fond public d’investissement. Il faut favoriser la recherche & développement qui n’est aujourd’hui qu’une niche fiscale pour les entreprises.

Eric Straumann : S’interroge sur l’intérêt d’une banque publique d’investissement qui le fait penser « aux nationalisations des années 80 ».

Le musée de l’Infanterie et le rond-point de Weckolsheim

Victorine Valentin : « J’aimerais que notre député sortant s’intéresse vraiment à la promotion du musée de l’Infanterie, à Neuf-Brisach. Il n’y a pas d’avancée sur ce dossier. Il faut tout faire pour qu’il voie rapidement le jour. Il faut s’intéresser aussi à l’entrée dans Neuf-Brisach et aménager le carrefour de Weckolsheim. L’argent qui devait être dédié à l’aménagement routier de Weckolsheim est parti à Wickerswihr »

Eric Straumann : « C’est faux. C’est mensonger de dire cela. Vous n’avez aucun élément pour prouver ce que vous dites. »

Victorine Valentin : « Je n’ai pas de preuve, on me l’a dit », admet la candidate socialiste qui reconnaît qu’elle a peut-être parlé un peu vite et s’en excuse même !

Eric Straumann enfonce le clou : « Vos propos sont inadmissibles, j’ai toujours travaillé en parfaite concertation sur le dossier du musée de l’Infanterie. Regardez le temps qui s’est passé pour arriver à une décision concernant le musée d’Unterlinden. Il ne faut pas faire de la polémique sur un sujet qui nous rassemble tous. C’est inutile. Sur le carrefour de Weckolsheim, Mme Valentin, vos propos sont inadmissibles. J’ai toujours veillé à ne pas marcher sur les plates-bandes de M. Miehé, conseiller général »

Les relations du futur député avec le maire de Colmar

Victorine Valentin : « Si je suis élue, je travaillerai avec Gilbert Meyer comme avec tous les autres élus, en concertation. Il mérite d’être écouté, il a de l’expérience et connaît les dossiers ».

Eric Straumann : « Mes relations avec le maire de Colmar ne peuvent que s’améliorer ».

La centrale de Fessenheim

Eric Straumann : « Je suis pour l’application à Fessenheim de la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, c’est à dire la poursuite de l’activité pendant dix ans encore. La mise aux normes de la centrale, c’est 200 million d’euros. Pour importer l’équivalent énergétique en gaz, il faut 500 millions d’euros ».

Victorine Valentin : « Je suis pour la fermeture de la centrale, la question qui se pose, c’est celle du redéploiement des talents des salariés. Le prix du radier est trop cher. Soyons les premiers à prendre le marché des énergies renouvelables. »

Le vote des étrangers aux élections locales

Eric Straumann : « Je suis pour lorsqu’il y a un accord de réciprocité avec un État étranger. Si on généralise ce droit, quel sens a encore la nationalité française ? »

Victorine Valentin : « Je suis pour le vote des étrangers aux élections locales. Nous n’avons pas besoin d’avoir des citoyens à trois vitesses. Quand on est impliqué dans une ville et qu’on paie des impôts, on a le droit de participer aux décisions ».

Les fermes communales sont-elles des soviets ?

Interrogés sur la politique agricole à mener :
Victorine Valentin : « Nous avons plus de 56 000 foyers d’agriculteurs qui ont dû toucher le RSA en 2010. Il faut financer les travaux des agriculteurs et mettre fin au mitage par la redensification de l’habitat. Il faut créer des fermes communales pour permettre aux jeunes agriculteurs de prendre pied dans le métier ».

Eric Straumann : « Des fermes communales ? C’est le retour des soviets ! C’est une vision urbaine et bourgeoise de ce qui peut se passer dans les communes rurales, une méconnaissance totale de la réalité du terrain. Vous voulez nationaliser les terrains agricoles ? »

Victorine Valentin : « La ferme communale, ce n’est pas les soviets ou une vision bourgeoise. C’est la mise à disposition de terrains appartenant à une commune pour aider un jeune agriculteur qui n’a pas les moyens d’acheter de la terre.»

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